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Expo : Des camps dans la Vienne

Le 12/01/2016

Les Archives Départementales de la Vienne vous proposent de découvrir jusqu’au 22 avril, une exposition inédite sur les camps d’internement de la Vienne entre 1939 et 1945.

Contrôler, exclure, persécuter ! La nouvelle exposition des Archives Départementales de la Vienne "des camps dans la Vienne" propose des clés de compréhension de cette histoire souvent ignorée du grand public car longtemps exclue de la mémoire collective.


L’exposition présentée pendant 3 mois aux Archives Départementales s’accompagne de nombreux documents d’archives, d’objets inédits, de maquettes et supports audiovisuels. Les 20 panneaux de l’exposition se répartissent en 5 grands ensembles :

  • Les politiques de l’internement
  • L’architecture des camps
  • Vivre dans les camps
  • Les camps à la Libération
  • Camps sans mémoire, mémoire des camps

Conçue pour être itinérante, cette exposition, sera disponible au prêt, gratuitement et sur réservation, à partir du mois de mai, pour les établissements scolaires, les collectivités, les associations…


Pour les scolaires, une approche pédagogique de l’histoire des camps est traitée avec une visite commentée et un atelier pédagogique sur le parcours d’une famille juive passée par le camp de la route de Limoges à Poitiers.


Cet événement exceptionnel donnera lieu à des conférences et des rendez-vous, avec plusieurs historiens, avec la Maire de Rouillé, Véronique Rochais-Cheminée, ou encore l'un des derniers internés encore en vie, José Fernandez (dates et lieux sur le site des Archives départementales).

Infos pratiques

  • Lieu : Archives départementales, 30 rue des Champs Balais à Poitiers
  • Dates : Du 19 janvier au 22 avril 2016 pendant les heures d’ouverture des Archives départementales (Le lundi de 13 h 30 à 17 h 30, du mardi au jeudi de 9 h à 17 h 30, le vendredi de 9 h à 16 h 30)
  • Ouvertures exceptionnelles les 26 janvier, 17 février, 22 mars et 5 avril jusqu’à 20 h et le 1e dimanche du mois de 14 à 17 h (7 février, 6 mars, 3 avril)

 

ZOOM sur l’expo : Quand la Vienne internait ses indésirables

Le 12 novembre 1938, le gouvernement de la IIIe République autorise la création de centres destinés à la détention des étrangers que les autorités souhaitent placer sous surveillance. C’est en France, l’acte de naissance de l’internement. La mesure est alors pensée comme exceptionnelle, compte tenu des menaces de guerre. Avec le déclenchement des hostilités en septembre 1939, elle est étendue rapidement aux Tsiganes et aux communistes.

Entre 1939 et 1945, plusieurs camps d’internement administratifs pour des civils ont été ouverts et ont fonctionné dans la Vienne : camp de la route de Limoges et camp de la Chauvinerie à Poitiers, camp de Rouillé, ...

Pour des durées et des motifs différents, avec des destins divers, plus de 11 000 personnes sont ainsi passées dans ces camps : réfugiés espagnols, Tsiganes, Juifs, internés politiques, détenus de droit commun, etc.

A la Libération, Miliciens, collaborateurs, suspects en tout genre, civils allemands rattrapés par l’avancée des Alliés, connaissent à leur tour l’internement.

Sauf exception, cet internement ne résulte pas d’une procédure judiciaire. Ce sont les institutions administratives (du ministre au préfet et à leurs services) qui en assurent la responsabilité.

Il obéit à des logiques différentes, conjoncturelles ou longuement réfléchies, qui traduisent des ruptures politiques évidentes : logique de contrôle social sous la IIIe République finissante, logique d’exclusion systématique qui fonde le régime de Vichy dès sa création puis utilisation de l’internement comme une étape préalable vers la déportation et l’extermination.

L’utilisation des camps à la Libération obéit en partie à un autre contexte idéologique, une autre logique de l’internement, une autre réalité : l’épuration.






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