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Visite de l’ancien camp d’internement de Rouillé

Le 10/02/2016

Cette visite « hors les murs » s’inscrit dans le cadre de l’exposition en cours aux Archives Départementales sur les camps d’internement dans le département entre 1939 et 1945.

En 1941, Rouillé est choisi par les Autorités françaises avec l’accord des Autorités d’Occupation, pour l’implantation d’un 2e Centre d’Internement Administratif (CIA) après celui de la route de Limoges. Ce 2e camp doit permettre l’internement d’une autre cible privilégiée de Vichy, les militants communistes. A Rouillé, on trouve déjà des baraquements, initialement destinés aux Mosellans, mais vacants du fait de leur retour en Moselle. Les 150 premiers indésirables politiques arrivent sur place le 6 septembre 1941.


Aux Tsiganes, aux Juifs et aux communistes s’ajoutent d’autres catégories d’internés : des socialistes, des gaullistes, des anarchistes, des syndicalistes... Certains étrangers, espagnols notamment, suspectés de menées communistes, se retrouvent internés aux côtés des communistes français, certains jusqu’à la fin de l’Occupation. Petit à petit, des prisonniers de droit commun les rejoignent : certains ont fini de purger leur peine de prison mais, toujours considérés comme dangereux, font l’objet d’une mesure d’internement.


Entre 1941 et 1944, c’est plus de 2 600 hommes qui seront internés à Rouillé. Il y aura dans le camp jusqu’à 21 nationalités différentes.


Si on trouve mention de quelques tentatives d’évasion du camp de la route de Limoges, c’est à Rouillé qu’elles semblent les plus nombreuses : les internés pour des motifs politiques, en particulier, souhaitent à tout prix retrouver la liberté pour reprendre leurs activités clandestines. La plupart des tentatives échouent, parfois tragiquement. Le 11 juin 1944, c’est une évasion massive qui a finalement raison du camp de Rouillé : ce jour là, un groupe des Forces Françaises de Intérieur (FFI) emmène avec lui 47 internés. Dès le lendemain, 172 autres sont transférés au camp de la route de Limoges.


Pour s’évader du camp, on peut aussi profiter d’un passage à l’hôpital. Le Docteur André Cheminée, médecin du camp, n’hésite pas à envoyer au moindre prétexte les internés politiques à l’Hôtel-Dieu de Poitiers, d’où des complices les aident à s’évader. Sur les 22 évasions enregistrées à Rouillé dans les 6 premiers mois d’activités du camp, la moitié a eu lieu lors d’une hospitalisation.


En 1945, le camp accueillera pendant 1 an entre 500 et 700 officiers allemands alors prisonniers de guerre. Puis il hébergera pendant quelque temps des femmes en attente d’être transférées en Dordogne. Le camp fermera définitivement ses portes en 1947.


Les baraquements serviront pendant quelques années de logements sociaux et seront ensuite vendus à partir de 1966. A l’emplacement du camp des internés sera édifié un groupe scolaire conformément au vœu du conseil municipal dès 1948. A 150 m de là subsiste encore chez un particulier un demi-baraquement acheté en 1948 (illustration de l’article).


Bruno Belin, Président du Département, et des membres de la Commission Culture ont été accueillis par Véronique Rochais-Cheminée, Maire de Rouillé, sur le site de l’ancien camp d’internement administratif de Rouillé, mercredi 10 février. Il en a profité pour assurer son soutien au Maire de Rouillé pour la construction d'un centre d'interprétation sur ce moment sombre de l'histoire française.


A savoir

Depuis 2008, l’association ADEL (Association pour un Développement Local), rassemble des documents d’archives, des objets, des témoignages pour sauvegarder la mémoire du camp de Rouillé, valoriser le patrimoine historique local, transmettre la mémoire au grand public.

Sollicitée par les Archives Départementales dans le cadre de son exposition « Des camps dans la Vienne 1939/1945 », l’association a apporté son concours par le biais d’un prêt de la maquette du camp et divers objets réalisés par des internés. Véronique ROCHAIS-CHEMINÉE donnera une conférence intitulée « le camp de Rouillé : une histoire renouvelée » le 22 mars à 18 h 30 aux Archives Départementales.




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