Pont Henri IV de Châtellerault

Le Département de la Vienne en lien étroit avec la Ville de Châtellerault, engage des travaux de restauration du pont Henri IV pour la sauvegarde de cet ouvrage exceptionnel et pour assurer la sécurité des usagers.

    Le Pont Henri IV est classé au Titre des Monuments Historiques depuis novembre 1913. Objet d’une étude de restauration en collaboration avec la ville de Châtellerault et les services de l’Etat (DRAC) depuis 2017, le Pont Henri IV se révèle être  un ouvrage d'un caractère rare que le Département va restaurer à compter de janvier 2022. L'objectif étant de conserver l'ouvrage d'art à l'identique.

    Des travaux préalables au chantier de restauration du pont Henri IV imposent sa fermeture complète dans les deux sens de circulation aux véhicules motorisés du lundi 25 octobre au mercredi 10 novembre inclus.

    Ces travaux préparatoires de réseaux d'eau potable réalisés par l'entreprise "Eiffage" permettront de renouveler les équipements hydrauliques aux abords immédiats de l'ouvrage et se dérouleront essentiellement durant les vacances scolaires d’automne pour réduire autant que possible la gêne occasionnée auprès des habitants. Les piétons et les cyclistes pourront emprunter, comme à leur habitude, les trottoirs de l'ouvrage pendant ces travaux.

    Par ailleurs, certaines voies aux alentours de l’ouvrage, seront en partie, fermées à la circulation, au niveau du : 

    • Quai des Martyrs de la Résistance, face à la Place de Belgique
    • Quai Napoléon 1er (début du quai, à partir du N°2)
    • Quai Président Roosevelt, face au lycée Berthelot

    Des déviations sont prévues :

    • pour les véhicules légers, elles seront mises en place via le pont Camille de Hogues (interdit aux poids lourds)
    • pour les poids lourds, elles seront mises en place via le pont Albert Camus 

    Restaurer le pont Henri IV, classé au Titre des Monuments Historiques depuis 1913, c’est aussi contribuer à la volonté de sauvegarde du patrimoine de la ville de Châtellerault, en complément de tous les autres sites remarquables qu’elle compte déjà : Manufacture d’Armes, Théâtre Blossac, Carillon Bollée…

    Une étude historique poussée, menée lors de l’étude préalable à la restauration, a permis de mettre en évidence les caractéristiques exceptionnelles de cet ouvrage et a largement comparé trois ponts contemporains : le Pont Neuf de Paris, le Pont Neuf de Toulouse et le Pont Neuf de Châtellerault (ou Pont Henri IV). Il s’avère que les deux premiers ouvrages montrent des hétérogénéités et des dissymétries architecturales. Le Pont Henri IV présente une symétrie parfaite et des éléments de stéréotomie remarquables pour son époque de construction.

    Au-delà de ces éléments, sa conception pourrait être attribuée à Philibert Delorme, ce qui bouleverserait l’ensemble des études précédemment publiées sur cet ouvrage, en lui donnant une place essentielle dans l’histoire de l’architecture française. C’est en effet à Philibert Delorme, grand théoricien et architecte de la Renaissance française, que l’on doit entre autres une partie du Louvre mais également le pont sur lequel a été réalisé le Château de Chenonceau, seul ouvrage d’art lui étant attribué.

    Un état des lieux global et un bilan sanitaire de l’ensemble de l’ouvrage (pont, tours, pièces en sous-sol, murs de quai) a été réalisé en 2017.

    Pour la partie «  pont  », objet des futurs travaux, il a été mis en évidence des altérations de la pierre et des douelles liées à la présence d’eau : ce qui révèle que le tablier n’est pas étanche. Les nombreux réseaux des concessionnaires présents sous les trottoirs amont et aval, localisés par plusieurs campagnes de sondages, ont contribué à fragiliser la structure et les plafonds des pièces en sous-sol rive droite. Ces dernières présentent des traces importantes d’humidité et une absence de ventilation préjudiciable. 

    Le bilan sanitaire fait état d’altérations importantes et menaçantes pour l'intégrité de l'ouvrage. Des travaux de conservation et de restauration doivent être engagé avec par ordre de priorité :en premier lieu, l'étanchéité du tablier puis dans un second temps, la restauration des maçonneries.

    Le montant global de l'opération s'élève à plus de 3,2 M€ dont 2,8 M€ pour les travaux d’étanchéité et de voirie sur l’ouvrage. Les travaux sont financés à 90% par le Département et les 10% restant par la DRAC.

    Les entreprises et corps de métier intervenants dans la restauration du pont Henri IV sont : 

    • Architectes : GFTK Architectes 
      Marie-Amélie Tek et Romain Greif 
      Architectes DPLG - Architecte du Patrimoine - Ingénieur ETP 
      22, rue Emeriau 75015 Paris
    • Bureau d’études techniques VRD - Maîtrise d’œuvre : DL Infra 
      Rue de la Garenne - 86000 Poitiers 
    • Économiste de la construction : SEREB CONCEPT 
      63, avenue Gabriel Péri - 92600 Asnières-sur-Seine 
    • Historien : M. Pol VENDEVILLE de Chroniques Conseils
    • Concessionnaires de réseau : Eaux de Vienne, GRDF, ENEDIS, ORANGE et Eiffage qui intervient pour Eaux de Vienne

    La restauration complète du pont se fera en 3 phases :

    • 1e phase, à partir d'octobre 2021 pour une durée de 17 jours : Réalisation des travaux préparatoires de réseaux d’eau potable.
    • 2e phase, à partir de janvier 2022 : Intervention des entreprises de travaux pour la mise en œuvre d’une étanchéité et pour la restauration partielle des maçonneries, les interventions liées aux déplacements de l’ensemble des réseaux des concessionnaires et l’intervention d’un opérateur en archéologie pour les fouilles préventives. La durée prévue des travaux est de 14 mois. 

      Un phasage par demi-ouvrage sera mis en place afin d’assurer une continuité de la circulation des bus et véhicules de secours ainsi que des piétons et cycles. Ces travaux, phasés en deux temps, consistent :

      • au décaissement complet par demi-ouvrage (un trottoir et demi-chaussée) par démolition de la chaussée et dépose du revêtement des trottoirs
      • à la réorganisation des réseaux des concessionnaires avec mise en place de caniveaux techniques
      • à la mise en œuvre d’une étanchéité
      • à la réfection des revêtements de chaussée et de trottoirs
      • à la restauration et valorisation des pièces enterrées en rive droite
      • au nettoyage des parties basses des tours.

    La largeur de la chaussée sera réduite à une seule voie de circulation de 3 mètres pour permettre la mise en place d’un alternat régi par des feux tricolores. Les bus de ville, cars scolaires et véhicules de secours seront les seuls autorisés à circuler sur l’ouvrage. Les piétons et cyclistes pourront emprunter le trottoir opposé à la zone de travaux. Aucune piste cyclable ne pourra être mise en place au niveau de la chaussée réduite à 3 mètres.

    Les véhicules légers (VL) et poids lourds (PL) devront suivre les déviations mises en place par les services du Département de La Vienne et les services de la ville de Châtellerault.

    • 3e phase : La restauration des 9 arches en pierre se fera dans les années à venir, après une étude détaillée de l’ensemble de la structure.

     

    CE QU'IL FAUT RETENIR...
    Le projet de restauration est conçu de manière à conserver et restaurer à l’identique le pont Henri IV de Châtellerault. Les divers travaux de la restauration vont consister, dans un 1er temps, à rendre étanche l’intégralité de l’ouvrage, à mettre en place des pavés sur les trottoirs, à refaire la chaussée, à sécuriser les trottoirs, à rationaliser les réseaux, à ventiler les sous-sols, et dans un 2e temps, à restaurer les parements en pierre, les voutes et les abords du pont.

    Un peu d'histoire...

    La première mention de l’existence d’un pont à Châtellerault dans les archives émerge vers 1065.

    La construction de ce premier pont serait liée à la valorisation d’un gué (en ancien français : guet) à cet endroit de la Vienne. Son aspect est mal connu. Certains auteurs supposent l’existence d’un premier pont en bois reconstruit en pierre dans la seconde moitié du XIIe siècle.

    Endommagé à de nombreuses reprises lors de conflits ou de crues, le premier pont de Châtellerault serait toutefois resté en place et remis en état. Mais son délabrement constaté pousse Henri II à ordonner en 1556 qu’une nouvelle construction en pierre voit le jour. Il faut toutefois attendre le règne de son deuxième fils, Charles IX, pour que ce projet connaisse un début de réalisation (1565) et le début du XVIIème siècle pour qu’il aboutisse.

    Le pont qui traverse aujourd’hui la Vienne à Châtellerault est aussi le résultat de transformations intervenues au cours des XVIIIe et XIXe siècles et de campagnes de restauration du XXe siècle.

    Livré en 1609 après quarante ans de travaux placés sous la direction successive de quatre architectes dont les derniers issus de la célèbre lignée des architectes de la renaissance Du Cerceau, ce pont à neufs arches possède la particularité d’être flanqué de tours rondes sur sa rive gauche. D’autres ouvrages défensifs aujourd’hui disparus (fossés, pont, portes, etc.) complétaient l’ensemble monumental. L’existence d’une étonnante largeur du tablier (près de 22m) et de puissantes piles avec cornes de vaches est à rapprocher d’un projet de pont-rue qui n’a probablement jamais vu le jour. 

    • En savoir + sur le site de la DRAC 
       

    Les occupants du pont

    • 1657 : Capitaines et gardes préposés à la conservation de la gabelle
    • 1726 à 1774 : Baux à “ferme des droits de pontage” (droits de péage)
    • 1767 : Hôtel de Ville et corps de garde
    • 1773 : Cloutier
    • 1786 : Ecole de dessin
    • 1825 : Corps de garde et école de charité
    • 1870 : Prison spéciale pour les gardes nationaux (tour nord), employés de l’octroi, pompiers
    • 1973 : Musée archéologique (tour nord)
    • 1986 : Bureaux de l’OPAH

    Les crues de la Vienne

    • 1599 : Elle emporte l’ancien pont de bois
    • 1649 : 6,50 m
    • 1692 : 6,50 m
    • 1698 : 6,77 m
    • 1792 : 6,30m
    • 1839 : 5,50 m
    • 1840 : 6,02 m - Naissance de l’Ile Cognet
    • 1896 : 5,60 m
    • 1913 : 6,40 m

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